mercredi 23 août 2017

À l’assaut mon saumon !




« Il n’y a pas que la cuisine italienne dans la vie. »

Tu as bien lu cette citation ? Elle est de moi ! Incroyable, n’est-il pas ? Et pourtant, c’est sûrement quelque chose que j’ai été capable de dire afin de justifier la réalisation de la recette dont je vais te parler.

On a tous à un moment ou à un autre, sauf si t’es végétalien(ne), eu dans notre réfrigérateur du saumon. On l’a fait au four, à la poêle (sauf moi car ça sent le poisson dans toute la maison en plus de jeter du gras dans toute la cuisine), à la vapeur, avec des pommes de terre, de la choucroute, des tagliatelle, de la semoule, des brocolis, etc. Mais, à un moment donné, on a fait le tour et on craint son retour dans l’assiette tant il est devenu éculé.

Modestement, je te propose donc une préparation simplissime et, je le crois, savoureuse…(si, si, d'ailleurs on me l'a dit)

Pour cela, il te faut :
  • un filet de saumon par personne : à cuire dans un four chaud à 150 degrés pendant 10 à 15 minutes maxi selon la taille/épaisseur, sur un poivron rouge émincé et/ou un petit oignon émincé si tu veux, en ayant pris soin d'ajouter un trait d’huile (de sésame grillé par exemple)
  • suffisamment de petits pois frais (ou congelés) (mais JAMAIS en boite!) comme ça tu peux les écosser, c’est rigolo, que tu plonges dans de l’eau bouillante salée 2 à 3 minutes (le temps qu'ils remontent à la surface) pour qu’ils restent croquants sinon ça devient de la bouillie et c'est moche et pas bon
  • 10 cl de lait de coco (j’aime bien la marque Kara) par personne que tu fais chauffer sans bouillir (comme ta lessive avec Génie) et dans lequel tu incorpores
    • du curry jaune à doser selon ton goût
    • un peu de nuoc-mâm.

(Ouais, c’est pas très précis, mais je ne suis pas une céhodeuhènehadeuhesseheu de blogueuse cuisine, ok ! Et surtout ça te permet de faire les choses à ta sauce... <---- humour de cuisine ***)

Donc, quand tout est prêt, tu sers dans une assiette creuse en mettant d’abord une portion de petits pois (égouttés, hein), puis de la sauce que tu peux émulsionner en la battant énergiquement au foute jusqu’à obtenir une écume, puis le saumon (avec le poivron si t’en avais mis) et tu peux finir en décorant avec quelques feuilles de coriandre fraîche.

Tu dégustes tranquillement – t’as pas un rendez-vous ! – et tu remarques qu’il reste de la sauce coco-curry au fond de ton assiette. Et quoi de mieux que D’Y TREMPER UN BON MORCEAU DE PAIN POUR PAS GÂCHER CE BON MIAM-MIAM ! (tu peux aussi ajouter des vermicelles chinois ou du riz pour profiter de la sauce)

Voilà, à toi de jouer ! 



 Le saumon, Vermeer (2017)






samedi 19 août 2017

Et c'est ainsi que le persil me fit un plat...


Ça me trottait dans le ciboulot depuis un moment en fait. Bon, tu sais comme moi que le pesto est une préparation générique bâtie sur le verbe pestare qui ne signifie pas ronchonner (même si cette idée me plaît), mais broyer, piler, écraser. Ainsi, et alors que le pesto alla genovese a trusté le podium de la renommée, il n'est nullement nécessaire de se cantonner à écraser des feuilles de basilic avec des pignons, de l'ail, du sel, de l'huile d'olive et du parmesan. 

J'avais, il y a un bon moment, consacré un billet au pesto rouge. Sur un ton passablement énervé, pestant contre les ignares et l'inculture en matière de cuisine italienne - je ne peux pas promettre de conserver mon calme cette fois non plus...

(Je me rends compte que je vais sûrement révéler des secrets à partir de maintenant. Alors il me faut te demander de jurer sur ton honneur (ou ce qu'il en reste) que tout ce qui va suivre restera entre toi et moi. Vas-y, jure. Et en crachant et tout le tralala. VAS-Y foutre-dieu !)

Il y a peu, j'étais au paradis. Et au paradis, je mange comme un dieu. C'est-à-dire que je n'ai pas besoin de mettre un "d" majuscule pour me régaler à chaque bouchée de chaque plat. La partie du paradis que je visitais s'appelle Turin et c'était la première fois que j'y entrainais mes papilles gustatives et mon palais. Même si la déception est exceptionnelle au paradis, j'y vais toujours en ayant noté quelques adresses au préalable. Pas en lisant Le Routard, évidemment, car les dernières personnes que je souhaite côtoyer à l'étranger sont bien les Français. Bref, ceci est un autre sujet et il n'est que trop temps de revenir au thème de ce billet. Je vais changer de paragraphe pour que ce soit bien clair.

Me voici donc attablé dans l'établissement en question et, entre autres petites merveilles, je repère des acciughe al verde. Il s'agit d'une recette piémontaise typique. Ce sont des anchois au sel servis dans une préparation de persil, piment, vinaigre et huile d'olive. Autant te le dire tout de suite : je me suis tapé le cul par terre tellement c'était bon, en ai mangé dans deux autres restaurants et suis revenu en déguster une fois dans celui-ci. FILLEDEJOIE COMME C'EST BON !

C'est le moment d'une légère digression à propos du persil - rien à voir avec la lessive (je tente un trait d'humour afin de maintenir ton intérêt). Il y a deux catégories de persil : le frisé et le plat. Le frisé, c'est nul car il manque de goût et il n'est pas agréable dans la bouche (je te rassure, je parle bien de persil). Le plat, c'est la variété noble, celle digne d'intérêt. Qui plus est, le persil est très riche en vitamine C, alors manges-en.

"Ok, mais le pesto dans tout ça ?!"

Ça va, t'as suivi. Mais fallait bien que je contextualise, sinon j'aurais perdu les neuneus...

Tu te souviens, j'ai commencé par dire qu'on peut faire du pesto avec ce qu'on veut - roquette, chou kale, artichaut, etc. L'idée, c'est de broyer ensemble un végétal, un fruit à coque et de l'ail avec de l'huile d'olive et d'y ajouter, pourquoi pas, du parmesan ou du pecorino.

Alors t'achètes une belle botte de persil plat, tu fais torréfier des amandes, tu épluches une belle gousse d'ail et en avant la musique ! A toi le pesto de persil à la riche saveur herbacée - c'est comme si tu broutais du gazon ! emoji petit sourire entendu en coin

C'est évidemment très bon avec des pâtes, ma préférence allant aux linguine. Mais, quitte à faire du pesto, autant qu'il en reste. Moi, j'aime bien. Et tu sais comment j'aime le manger ? Je fais cuire une pâte à pizza seule, jusqu'à ce qu'elle soit bien dorée. Je la retire alors du four et la casse en morceaux qu'il n'y a plus qu'à tartiner de pesto. Je te promets que c'est délicieux !




vraie photo de vrai pesto de persil que j'ai vraiment fait





 

jeudi 17 août 2017

Wonder Woman contre Thésée





La mythologie gréco-romaine a ceci de bien qu'elle n'est finalement connue de personne et permet donc d'être utilisée par n'importe qui, n'importe comment et pour n'importe quoi. Ainsi, par exemple, la plupart des gens identifient vaguement que Thor est un super-héros qui règne sur l'Olympe à grands coups de foudre ; Vénus, comme le rappelle la chanson des Bananarama, est la déesse de l'amour à condition de ne pas le tuer, c'est-à-dire d'avoir pris grand soin de s'être rasée avec ce produit Gillette auquel elle a donné son nom et qui coûte plus cher que l'équivalent pour homme (d'ailleurs, je n'ai jamais compris pourquoi les femmes n'achètent pas les modèles "masculins" pour couper l'herbe sous le pied des fabricants indélicats. À cause de la couleur peut-être...).

Bref, dans ce méli-mélo où se confondent dieux, pouvoirs, histoires et marketing, le cinéma n'hésite pas à puiser de quoi divertir des spectateurs avides d'effets spéciaux et d'identification. 
 
Ainsi en est-il de Wonder Woman qui a acquis ses lettres de noblesse pour pouvoir devenir une icône féministe sur grand écran (ce que je n'aurais jamais imaginé voici près de quarante ans quand je connaissais mes premiers émois devant Lynda Carter). 
 
Mais comme ce monde est devenu cinglé, on lui a fait divers procès :
  • Elle est sioniste : c'est bien connu, les Amazones étaient de farouches guerrières assénant des grands coups de Torah à qui osait se dresser en travers de leurs projets expanSIONISTEs.
  • Elle n'est pas féministe, car elle se rase les aisselles, la tradition voulant que les femmes défendant les droits des femmes soient toutes hirsutes (et moches et donc lesbiennes et donc vegans et sûrement sionistes).

De mon côté, j'aimerais remettre un peu de sérieux dans tout cela et souligner quelques faits qui, bien que n'étant nullement historiques, sont tout au moins exacts d'un point de vue mythologique. Alors, s'il te plaît, à partir de maintenant taisez-vous !

Thésée, justement, reparlons-en. Il est le fils du roi Egée (comme la mer) et d’Ethra (même si cette dernière, après sa nuit d’amour avec Egée, est allée dans la foulée coucher avec un Poséidon pas très regardant ce qui laisse planer le doute sur le véritable géniteur de Thésée).

Autant le dire tout de suite : Thésée est évidemment un héros. Mais attention ! rien à voir avec les mecs en collant qui font bander les tiroirs-caisses d’Hollywood. Tout d’abord, Thésée est roi et non pas roturier comme Spiderman ou parvenu comme Iron Man (tout cela est très vulgaire). Ensuite, Thésée a un domaine d’intervention bien particulier : le taureau. Ainsi, après avoir tué celui de Marathon, il envoie le Minotaure ad patres.

Mais Thésée n’est pas qu’une légende de la tauromachie. Thésée a aussi fait dans l’Amazonomachie…

Je le sais, tu le sais, on le sait : la mythologie est remplie de sexe (et ce n’est pas piqué des hannetons !). Et Thésée n’est pas en reste, multipliant les conquêtes au gré de ses exploits, le bougre devant logiquement être monté comme un taureau. Jusqu’à ce jour fatidique où il enlève / reçoit en cadeau / est volontairement suivi par (ça dépend des versions) Antiope.

Or, avant d’être incarnée par Robin Wright, Antiope est une Amazone. C’est même la sœur de la reine des Amazones. Et donc la tante de Wonder Woman.

Bref, elle se marie à Thésée, ce qu’aucune Amazone n’avait jamais fait ! Son destin est cependant tragique, car elle meurt pendant la guerre qui oppose des Athéniens victorieux aux Amazones défaites venues la sortir des affres de la vie de femme au foyer - cet épisode portera le nom d'Amazonomachie. 

La conclusion ? Qu'il est bon de se divertir parfois, loin des tempêtes de la déjection de taureau...





Thésée poursuivant de son ardeur la jeune Wonder Woman (photo personnelle)





jeudi 29 juin 2017

Le brevet


J’ai déjà évoqué ici quelques épisodes de ma jeunesse, assez peu glorieuse il faut bien le dire car, à la façon d’un dandy juvénile, j’ai flirté avec un état d’esprit qui conduit sur la mauvaise pente de la vie.

Parce que, à préférer faire le pitre et à vouloir m’émanciper du carcan familial, mes résultats scolaires s’en sont ressentis. Tout s’était pourtant très bien passé en primaire, mais il faut croire que les hormones de l’âge bête étaient puissantes en moi…

C’est ainsi que j’ai passé de plus en plus difficilement les obstacles au collège, la 4ème finissant de faire de moi un élève marqué au fer rouge de l’indiscipline – je passais généralement mon mercredi matin collé par ma prof de maths.

Pourtant, et de justesse, j’ai réussi à faire mon entrée en 3ème pour le plus grand plaisir de quelques camarades de classe avec qui nous chahutions de la plus belle des manières. Pour ma part, j’y voyais la possibilité d’une année de plus à bien rigoler, sans trop me soucier du reste car je savais que je n’avais pas grand-chose à attendre de cette figure tutélaire d’un père ne m’ayant jamais encouragé.

Voilà, j’ai lâché le mot : père. Le mien n’avait jamais pris la peine de me féliciter pour mes résultats, aussi avais-je sûrement inconsciemment décidé d’être décevant afin de lui éviter toute corvée faite d’encouragements ou autre manifestation d’amour paternel – je ne cherche pas à te faire pleurer dans ta chaumière ni à te faire sortir ton mouchoir, je plante simplement le décor.

Bref, j’ai passé mon année de 3ème à bien me marrer en classe, car c’était là mon exutoire pour échapper à l’atmosphère de plomb familiale. Seulement, il s’agissait d’un cercle vicieux puisque plus j’étais dissipé, plus j’avais de mauvaises notes, plus je me faisais passer des savons à la maison, plus j’avais besoin de m’évader de cette atmosphère, plus je faisais le mariole à l’école, etc.

Toujours est-il qu’est arrivée la fin de l’année et avec elle le résultat que tu auras aisément deviné : le redoublement. BIM ! « Ciao les copains, c’était bien, mais partez devant je vais vous ralentir » aurais-je pu tweeter à l’époque si Twitter avait existé.

Je passerai sur les menaces paternelles de me mettre en lycée technique ou de m’exiler en pension, cette dernière perspective m’apparaissant même comme un espoir que je caressais secrètement.

Si l’année d’enseignement s’achevait, il me restait une dernière épreuve : passer le brevet (et l’avoir, ce qui était fort mal engagé).

Vint le jour de la parution des résultats et c’est sans guère d’espoir que je me rendis au collège afin de consulter la liste des lauréats… où je vis mon nom à ma grande surprise et certainement à celle de certains de mes profs. Et c’est fier de ce coup de Jarnac que je rentrais alors chez moi annoncer la bonne nouvelle.

« J’aurais préféré que tu ne l’aies pas ! »
C’est la phrase qui m’est tombée dessus, comme un couperet que, naïf, j’avais été incapable d’imaginer et encore moins d'éviter. 

J’ai donc redoublé, débarrassé du poids du brevet, passant une année tranquille puisque je ne faisais que revoir un programme que je connaissais somme toute assez pour avoir de bonnes notes sans forcer. J’en ai également profité pour sortir avec une fille pour la première fois de ma vie (je sais que c’est tard, OK ! Mais t’es pas mon père, OK ?!).







lundi 26 juin 2017

Les points sur les "i" de Moyen Âge

Celles et ceux qui me suivent régulièrement sur Twitter ne seront pas surpris que je m’empare, aujourd’hui, de ce sujet qui me tient à cœur. Il est même fort possible qu’ils exultent et que cela prenne la forme d’un soulagement que traduira si bien leur « Enfin ! ».

Alors voilà. Ça m'énerve un peu (beaucoup, et même prodigieusement) de lire et d’entendre « On se croirait au Moyen Âge » à tout bout de champ, avec un dégoût non dissimulé chez ceux qui l’utilisent, mais surtout une méconnaissance quasi totale du sujet. (Je sais : mon coup de gueule est bien anecdotique, mais j’ai les indignations que je peux...)

Donc, tous les jours, pour n’importe quelle raison, des tas de gens lui tombent sur le coin de la figure, à ce pauvre Moyen Âge. Et, immédiatement, me vient une première question : de quel Moyen Âge parle-t-on ? Fait-on une différence entre le haut et le bas Moyen Âge ? Ceux qui l’incriminent savent-ils qu’il a duré 1 000 ans (Vème au XVème siècle) quand, pour rappel, nos petites tentatives de régime républicain pas si exemplaires ont à peine 160 ans (je mets entre parenthèse le régime de Vichy).

Je ne vais pas me lancer dans un long exposé mais juste présenter quelques petits exemples assez parlants, à mon humble avis.

L’Église :
Ok, l’Église n’est pas fun fun (ce sont les girls qui en veulent, nous sommes d'accord) et, par bien des côtés, on peut dire qu’elle ne fait rien pour arrondir les angles.
Savez-vous, cependant, que son rôle a été primordial au moment de la chute de l’empire romain afin d’éviter le délitement total de la société ? Certes, elle s’est appuyée sur la noblesse gallo-romaine et inversement. Mais elle a aussi évité un complet engloutissement de la population dans la violence des assauts barbares en obtenant la conversion de Clovis par exemple.
N’oubliez pas que le curé vit à cette époque au milieu de ses ouailles. Ni mieux ni moins bien. Il arrivait même qu’il soit marié ou, tout au moins, qu’il vive maritalement voire qu’il ait plusieurs maîtresses.
C’est justement ce type de mœurs qui a été dénoncé par l’Église, sous la contrainte de la Réforme au XVIème siècle.
Tant que j’y suis, il existait, au Moyen Âge, des bains publics dans les villes. Ceux-ci étaient même mixtes. Ce qui veut dire :
  • que la population se lavait ;
  • que la moralisation des corps et des rapports entre les sexes était assez détendue du gland.
Que croyez-vous que l’Église fit, toujours à la faveur de la "Contre-Réforme" ? Elle obtint la fermeture de ces établissements de mauvaise vie, participant ainsi à l’expansion de la crasse et à la ségrégation sexuelle.
Autrement dit, l’obscurantisme catholique s’épanouit à l’époque dite "moderne" (1492 - 1789) et non pas au Moyen Âge !

La noblesse :
Alors, certes, la noblesse, c’est la noblesse et aujourd’hui encore elle bénéficie sur le formulaire d’inscription à l’ENA d’une case afin d’y faire figurer sa particule – il y aurait là-dessus beaucoup à dire, déjà, car nombre de familles bourgeoises avaient acheté des particules et autres titres à des petits nobles désargentés. Bref.
La noblesse, donc, est souvent réduite à celle dite "de robe", par opposition à la noblesse "d’épée". Et c’est bien sur la noblesse de robe que se concentrent, en fait, les critiques. Or, cette noblesse s’est tout particulièrement développée au XVIIème siècle (les années 1600), autrement dit plus d’un siècle après la fin du Moyen Âge. Alors sur elle, effectivement, il y a bien des choses à dire puisqu’elle n’assumait en aucune façon le rôle traditionnel dévolu à la noblesse d’épée (ou noblesse d’extraction) mais en revendiquait tous les privilèges.
La noblesse d’épée, avait, pour le coup (d’estoc), un rôle véritablement important et nécessaire au Moyen Âge : celui de défendre les populations (ainsi que ses propres terres, nous sommes d’accord). Mais ce n’était pas qu’une vue de l’esprit puisque ces nobles-là mourraient véritablement à la guerre ou lors de conflits secondaires, parfois même en grand nombre. Vous me direz que c’était leur rôle et que le reste du temps c’était tournois, festins et poésie, le tout étant financé par une population réduite au servage (en occultant les vilains, qui n’étaient pas tous moches ou méchants mais qui étaient en revanche libres). N’empêche !

N’oublions pas, non plus, qu’au tournant de l’an mille un grand mouvement de défrichage et de déboisement permet l’abandon de la jachère et se double de la généralisation de la charrue et de l’utilisation du fumier, ce qui autorise des excédents agricoles, une forte croissance démographique et les débuts de l’urbanisation. Cet essor favorise le commerce dans les villes de foire et le développement des voies de transport ainsi que des prémisses du système bancaire.

Le Moyen Âge, c’est aussi la transition entre un système féodal et la construction de l’État-nation, le roi de France, d’abord un seigneur parmi d’autres, acquérant au fur et à mesure des décennies, la domination sur ses suzerains, consolidant les limites de ses possessions et de celles de ses vassaux et permettant le développement d’un embryon d’administration nécessaire à la gestion des populations et des ressources de ses territoires. 

Pour la petite anecdote qui fait un clin d’œil en forme de pied-de-nez à l'actualité, je rappelle qu'au Moyen Âge on enseignait le latin... 

Malheureusement, sous les effets conjugués de la guerre de Cent Ans et de l’épidémie de peste noire notamment, la misère s'abat en faisant des ravages et s’accompagne d’un effondrement démographique important.

Est-ce alors juste de continuer à utiliser avec dédain l’adjectif "moyenâgeux" ? Non, bien sûr !
Qu’on arrête avec ce "chrono-centrisme" déplacé et ridicule. Qu’on cesse de juger une époque à l'aune des mentalités actuelles (pas si nobles que cela, d'ailleurs) et de petites convictions erronées. Comment croyez-vous qu’on parlera de nous dans 600 ans, dans 1 000 ans ou dans 1 600 ans ? Que dira-t-on d’une société où les femmes et les enfants sont l’objet d’agressions sexuelles, où les gens jettent leurs détritus n’importe où, où une part de la classe politique confisque pour son propre profit les pouvoirs qu’elle a obtenus de ses électeurs, où l’on pousse au suicide des salariés, où l'on gaspille à tout-va, etc. ?

En révisant quelque peu votre jugement, vous serez alors peut-être un peu plus évolués que ces gens dont vous dénoncez les schémas de pensée et le comportement.

En attendant, le Moyen Âge et moi vous enquiquinons bien cordialement, vous les barbares du XXIème siècle. 







PS : j'ai pas mis de liens, débrouille-toi, tu m'as énervé !